Histoire

d’un Savoir-faire

L’héliogravure au grain est un procédé du XIXe siècle permettant le transfert d’une image photographique sur une plaque de cuivre par l’intermédiaire de gélatine photosensible. Il est considéré comme le plus beau mode d’impression d’images photographiques.

 

L’héliogravure a tenu un rôle essentiel dans la découverte de la Photographie, à laquelle son histoire reste étroitement liée. Ce fut Niepce qui, vers 1826, jeta les bases des procédés photomécaniques en découvrant les propriétés photosensibles du bitume de Judée ; réalisant alors la première reproduction photomécanique, gravure du Cardinal d’Amboise sur plaque d’étain.

 

Pendant près de 50 ans, le procédé va être amélioré par Talbot, Nègre et d’autres grands pionniers de la Photographie. C’est en 1879 que l’imprimeur viennois Karl Klic, reprenant les travaux de Talbot, Poitevin, Swan et Nègre, aboutit au procédé de l’héliogravure au grain pour produire une image aux dégradés de gris subtils à partir de matrices gravées.

 

Les photographes tels que Peter Henry Emerson, Alfred Stieglitz, Alvin Langdon Coburn ou Edward Curtis, séduits par les qualités du procédé, l’ont privilégié pour réaliser la plupart de leurs tirages. Parallèlement, ce magnifique savoir-faire fut mis au service de l’Art traditionnel en permettant enfin une reproduction fidèle des œuvres -dessins, peinture ou sculpture. 

 

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, l’héliogravure n’est pratiquée que par quelques rares ateliers dans le monde, demeurant aux yeux des photographes le procédé le plus fin pour retranscrire leurs images.

« C’est un art du geste à la fois ancestral et sans cesse réinventé.
C’est aussi l’art d’un dialogue attentif, mystérieux et plein de sensualité
entre l’héliograveur et la matière. »

 Catherine Rigollet. Fanny Boucher, quand l’art du geste sublime l’image. L’Agora des Arts, janvier 2014

Une image
d’exception

Si les photographes
comme les dessinateurs
font de l’Héliogravure
leur médium privilégié,
c’est au regard
du caractère unique
du geste.

L’ESTHÉTIQUE

Les qualités plastiques incomparables de l’Héliogravure proviennent de la capacité de ce procédé non tramé de traduire avec subtilité les nuances des dégradés de gris du cliché original à travers un grain extrêmement fin. Il confère également​ des noirs profonds, inégalables, dus à l’épaisseur d’encre​, offrant aux tirages le sens du toucher.​

 

LA CRÉATIVITÉ
L’artiste
prolonge, décuple son geste créatif. Si les papiers pur chiffon sur lesquels sont imprimées les héliogravures peuvent être de grammage et de teintes variés, il est également possible d’opter pour des papiers Japon encollés, relevant l’image d’une teinte de fond. Les encres pigmentaires offrent un large choix quant à l’ambiance et l’univers de l’image.
On compte plus de huit noirs différents en taille-douce multipliés par une infinité de couleurs capables de les teinter. L’Héliogravure, tout en reproduisant fidèlement le cliché, reste un procédé d’interprétation dont le résultat permet à l’artiste de voir renaître son œuvre.

 

LA RARETÉ

Procédé rare et symbolique de l’histoire de la Photographie et de ses acteurs majeur,​  l’héliogravure​ donne à l’œuvre une autre dimension​. Le choix de cette technique n’est jamais anodin et renforce le message de l’image et la démarche de l’artiste.​

 

LA PÉRENNITÉ
Grâce à ses composants, il s’agit du procédé de reproduction d’images photographiques le plus stable, comparativement aux techniques argentiques. L’image est en effet imprimée sur papier pur chiffon au PH neutre et les encres utilisées sont à base de pigments naturels et d’huile, offrant ainsi à l’Héliogravure l’un de ses atouts clef : la pérennité.